Hillary Clinton

Portraits de femmes inspirantes


Hillary Clinton, le parcours de la politicienne la plus influente des États-Unis.

Comment défendre ses convictions politiques quand on est une femme ? La question semble moins sensible aujourd’hui, mais quand on est née en 1947, c’est tout un combat !

 David Hume Kennerly/Getty Images

David Hume Kennerly/Getty Images

À l’aube d’une élection mythique aux États-Unis, une femme s’illustre par son tempérament et son ambition. Vous l’aurez reconnue : c’est Hillary Clinton.

Bien avant de graduer de la très prestigieuse Yale Law School, Hillary se montrait déjà plus qu’ambitieuse. Militante politique aux convictions conservatrices puis démocrates, elle rassemblait déjà les foules autours d’une soif de réformes politiques.

Les années 60 et 70, symboles de la métamorphose des mœurs ne suffiront pas à émanciper les femmes en politique. Hillary, comme l’impose la tradition, devra marcher dans l’ombre de son futur mari, Bill Clinton.

Ne pouvant accéder au pouvoir politique elle-même, elle va pousser son compagnon à user de son charme et de son charisme pour accéder aux plus hautes fonctions. Tandis qu’elle se chargera d’être le cerveau de cette équipe de vainqueurs.

 Jim Mottern/AFP/Getty Images

Jim Mottern/AFP/Getty Images

En parallèle de l’escalade politique de son mari, elle va mener une brillante carrière de professeur de droit et d’avocate sous le nom d’Hillary Rodham dans l’Arkansas. Être la femme d’un homme de renom l’effraie. Elle ne veut pas voir ses accomplissements s’évanouir en devenant Mme Clinton. C’est pourquoi elle fuira à tout prix l’image traditionnelle de la femme du politicien.

Et pourtant, suite à un cuisant échec de Bill à sa réélection dans l’Arkansas en 1980, elle va devoir se plier à la tradition et devenir Mme Clinton. Sans pour autant perdre de vue son dessein. C’est là que nait le premier visage politique d’Hillary. Aux yeux du monde, elle est Mme Clinton, mais en coulisse, elle tire les ficelles.

Dans ce poker politique, même avec un jeu de carte perdant, elle va bluffer, laisser croire à sa soumission. Mais tout ceci sera dans le but de mieux gouverner. C’est dans ce schéma des plus conventionnels de la femme de politicien qu’elle va se frayer un chemin vers la maison blanche.

Pour reprendre la moquerie Républicaine, c’est ainsi que Bill Clinton deviendra « co-président des États Unis ».

L’Amérique n’est pas prête à lui donner le Bureau ovale. Qu’à cela ne tienne ! Hillary ne se démonte pas, et poursuit sa route au pouvoir en chamboulant tout le protocole. Dès 1993, elle sera la première First Lady de l’histoire à implanter son bureau dans la West Wing, l’aile réservée aux décisions présidentielles. Preuve qu’à la Maison Blanche c’est Hillary aux commandes !

Femme de l’ombre, elle va subtilement faire croitre son influence et diriger les rouages occultes de la politique américaine.

Ce sera le scandale Lewinsky qui la jettera sous le feu des projecteurs et des médias affamés de détruire le couple présidentiel. Mais avec un tact et une finesse inouïe, elle va retourner la situation et gagner l’admiration du peuple américain. Hillary, aux yeux de tous est désormais une femme forte, puissante et potentiellement présidentiable.

Elle aura réussi à transformer ce marasme pour se forger son nouveau personnage politique.

Opportuniste et fine calculatrice, elle va user de ce tournant dans son image pour faire éclater au grand jour ses ambitions personnelles. Dès lors, le second visage politique d’Hillary se dévoile. Hillary va mener sa propre carrière politique. Elle n’est plus indissociable de son mari. La vraie Hillary, la politicienne affranchie voit le jour. Personne n’est plus là pour lui rappeler qu’en tant que femme elle ne pourra jamais diriger. Hillary est enfin seule aux commandes de son propre destin.

 Mark Wilson/Getty Images

Mark Wilson/Getty Images

Sa parfaite maitrise de la manœuvre politique la mènera au Sénat en 2000. Après l’élection de Bush, Bill Clinton prend sa retraite. Désormais les rôles s’inversent et c’est Bill qui sera dans l’ombre de l’ascension de sa femme. En tant que le mari d’Hillary, il sera un appui au succès de la Sénatrice Clinton.

Les succès, échecs, scandales et triomphes se succèdent comme tomberait un jeu de domino. Hillary combat pour conquérir le pouvoir. Malgré une défaite à la primaire démocrate de 2008 face à Barack Obama, elle ne se laisse pas abattre et continue sa route vers la Maison Blanche.

Elle sera tout de même nommée secrétaire d’état et va se forger une solide réputation au sein du parti démocrate. Bien des scandales vont éclater, comme Benghazi ou la controverse des emails. Mais après tout, ce qui importe c’est que ces scandales émanent d’elle. Elle n’est plus victime des esclandres son époux. Hillary Clinton est définitivement libérée du nom de Bill et vole bel et bien de ses propres ailes !

Il aura fallu attendre le 21ème siècle pour qu’elle soit enfin écoutée et que ses convictions politiques soient respectées d’égal à égal.

Comme une réparation de l’histoire, aujourd’hui, c’est Hillary Clinton la nominée démocrate à la présidentielle !

Certes la compétition est rude face au Charismatique et populiste Donald Trump, mais son expérience des rouages dissimulés de la politique est sa plus grande qualité. La subtilité acquise au temps où une femme ne pouvait présider est la force qu’aucun autre président n’a jamais pu acquérir avant elle. Et que nous la supportions ou non, nous sommes forcés d’admettre que le chemin parcouru par cette femme inspirante est incomparable.

Son non conformisme, sa détermination, ses manœuvres permettront à des générations de femmes d’accéder aux plus hautes fonctions politiques. Elle a ouvert bien des portes pour toutes les femmes à la maison blanche.

Art par Lushsux

 Art par Lushsux

Art par Lushsux

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Article écrit par: Norman Bloch

Sélection de photo par: Naïl Sousa via http://abcnews.go.com/Politics/OTUS/photos/hillary-clinton-years-17555279/image-26200345

Comme quoi, même quand on n’a pas les cartes gagnantes au début de la partie, par un habile maniement du bluff et du fin calcul politique, on peut gagner la partie.