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2017, année de l’espoir pour la Terre ?

Entre les négationnistes du réchauffement climatique, les sables bitumineux et le retour du charbon, difficile de croire au futur de l’écologie.

Malgré tout, on sait bien que poursuivre ainsi nous conduit à la catastrophe. Même la Chine, après des décennies d’industrialisation anarchique, tire la sonnette d’alarme. Dans son « plan sur le développement énergétique sur cinq ans », l’empire du Milieu prévoit d'investir massivement dans les énergies propres. La nouvelle année chinoise débute à peine que le pays fait un virage écologique des plus impressionnants.

Ce n’est certes pas encore le niveau du Bhoutan. Ce petit pays enclavé entre la Chine et l’Inde est déjà négatif dans ses émissions de carbone. C’est à dire que ses forêts emmagasinent plus de carbone que le pays n’en rejette. Il est d’ailleurs le seul pays au monde dans cette situation.

Les autres polluent plus qu’ils ne dépolluent, alors peut être est-il temps de prendre exemple sur le Bhoutan ? Outre le recyclage, le compostage, les comportements éco citoyens, il existe peut-être une solution à l’impact bien plus considérable. Cette solution c’est la transition énergétique.

Qu’est ce que la transition énergétique ?

C’est le moyen de ne plus dépendre des énergies fossiles, en renouvelant nos pratiques énergétiques. C’est à dire s’échapper d’une vision à court terme dégradant les ressources de notre planète en changeant nos sources d’énergies.

Les énergies fossiles sont des matières premières ayant mis des dizaines de millions d’années à se former. Et on les aura toutes exploitées en moins de 300 ans puisque on en consomme plus que la terre n’est capable d’en produire.

La transition énergétique passe par les énergies renouvelables. L’éolien, le solaire, l’hydraulique, la géothermie, a contrario des énergies fossiles, ont la propriété d’être produites au même rythme qu’on les consomme. Ce n’est plus une vision à court terme, mais bien un ancrage dans une exploitation durable de l’énergie.

Diverses villes à travers le monde se lancent le pari de ce virage à 180 degrés, c’est le cas de Stockholm en Suède. Dans une vision à l’échelle du pays, la ville s’est lancée le défi d’être 0% énergie fossiles en 2050. C’est le premier plan aussi audacieux qu’une ville de pareille envergure ne se soit jamais lancé.

Les élus ont présenté un plan de route précis et détaillé prouvant que ce serait faisable. Certes, Stockholm est déjà la capitale verte européenne, mais ce plan a pour vocation d’inspirer d’autres villes à travers la planète.

Sans rentrer dans les détails, le projet a quatre grandes facettes : la production d’énergie, la consommation, les autres usages et les transports. Et pour atteindre le succès, tous les aspects de ces quatre dimensions vont être radicalement métamorphosé. Et oui, être totalement libre des énergies fossiles passe par une modification en profondeur de la société.

Et des idées audacieuses ont déjà vu le jour, par exemple, ils vont débuter par augmenter les moyens de production d’électricité dans le nord du pays. Cette production proviendra uniquement de sources renouvelables telles que les éoliennes. Au niveau de l’habitat, ils prévoient de faire installer des pompes à chaleur pour remplacer les sources d’énergie non durable, et ce, dans chaque foyer.

Toutes les nouvelles constructions seront efficientes dans leur consommation d’énergie. Pour ce faire de nouvelles réglementations entoureront la construction d’habitations. Pour l’immobilier existant, deux scénarios sont encore débattus : parvenir à améliorer l’efficience énergétique de 30% ou de 50% dans chaque habitation.

Bref, pour Stockholm la transition énergétique passe par un chauffage totalement électrique à l’échelle de la ville.

Ce rêve vert qu’a Stockholm peut bientôt être une réalité pour tout le monde. D’autres villes et pays se lancent dans des projets de transition énergétique et de développement durable. Évidemment le niveau d’ambition de Stockholm n’est jamais annoncé par d’autres mairies. Mais certains projets sont tout de mêmes entreprenants.

Le Danemark se veut être le leadeur en terme d’énergie éolienne. Actuellement 39% de l’électricité produite dans le pays provient du vent. En parallèle le Danemark applique une politique d’abandon du charbon dans les prochaines années.

Copenhague, capitale du Danemark a installé un plan similaire à celui de Stockholm. Son objectif est d’être neutre en émission de carbone. C’est à dire dépolluer autant qu’ils ne polluent. Un peu comme le Bhoutan, la ville met en place une politique écologique sur le long terme. Cette politique est le premier pas audacieux vers des solutions bien plus impressionnantes encore.

D’autres villes sont remarquables dans leurs domaines. Amsterdam et sa culture du déplacement à vélo offre une bouffée d’oxygène à notre planète. Ça fait des décennies que beaucoup d’habitants y préfèrent le vélo à l’automobile. Une pareille culture pourrait être une solution innovante et non conventionnelle pour beaucoup d’autres villes.

Bien des villes sont en train de réformer leur manière de voir le monde. Aujourd’hui les plans de transition fleurissent à travers le monde. Comme un élan d’espoir et de conscience, nous nous sentons tous concernés. Les politiques tentent désormais d’apporter des solutions durables à deux siècles d’industrialisation et de pollution.

À première vue, passer aux énergies renouvelables parait simple : il suffirait de rédiger un plan de transition énergétique, d’investir dans des panneaux solaires et de se séparer de nos vieilles habitudes. Mais, la réalité est bien plus complexe et chronophage. On ne peut pas abandonner le pétrole du jour au lendemain, sans quoi notre économie s’effondrerait. Nous sommes trop dépendant des énergies fossiles. En parallèle, les intérêts géopolitiques internationaux, couplés à certaines firmes multinationales, font pression pour retarder ce changement. Des centaines de milliards de dollars, des millions d’emplois, des pans entiers de notre économie sont en jeu. Et surtout, technologiquement et socialement, nous ne sommes pas prêts à nous adapter.

Qui plus est, cette transition nécessite un changement radical de notre façon de voir le monde. D’un point de vue politique, il faut s’organiser, planifier et faire accepter des investissements sans répercussions à court terme. Ce sont de réels plans de coopération territoriale sur 40 ans qui doivent être mis en place. Le plus complexe est de faire collaborer l’ensemble des acteurs : politiques, économiques, sociaux.

Mais le financement de ces projets reste le plus gros défi. Car la transition énergétique c’est pas juste construire des éoliennes. Il faut mettre en place les réseaux énergétiques, revoir notre façon de construire l’habitat, allouer des espaces gigantesques, puisque le rendement productif est plus faible que les énergies fossiles. Il s’agit d’agir en transversalité : rénover les habitations, optimiser la mobilité des individus, fournir une énergie à un prix abordable. Ce sont donc des milliards de dollars qui doivent être investis. Il faut donc trouver ces financements. Au vu du risque et de la complexité, les rendements exigés sont plus élevés que pour les autres formes d’énergie. Donc, lever des capitaux s’avère être le véritable défi, car le cout du capital reste trop élevé de nos jours.

Ces difficultés ne veulent pas dire que ce soit impossible. Aujourd’hui, protéger notre planète, penser à long terme, revoir notre manière de consommer, ne sont plus les rêves de quelques hippies des années soixante : c’est une réalité. Nous sommes face au destin de la planète. Nous devons donc faire le bon choix. Le bon choix commence par changer les comportements des individus face à l’environnement. Cette métamorphose sociétale doit s’accompagner de plans de transition énergétique pour définitivement venir à bout des énergies polluantes. Et puis, si ça ne marche pas ? Ça vaut le coup d’essayer. Perpétuer le passé ne détruit-il pas notre futur ? N’avons-nous pas plus chaud au fil des années ? Le niveau de l’eau ne monte t’il pas ? N’y a t’il pas un taux de plus en plus élevé de cancers ? Alors, tout bien réfléchi, on n’a plus rien à perdre !


Écrit par: Norman Bloch

Photos par: Alessandro Varacca